ACTUALITÉS

MOBILITE – Politique de stationnement, ScanCar, rue scolaire et « Dimanche sans voiture »
Le vendredi 18 septembre 2020

A l’occasion du « Dimanche sans voiture », Pascal FRESON, notre chef de file communal et échevin de la mobilité, nous livre son interview de rentrée. Au programme : ScanCar, rue scolaire, politique de stationnement…

Quel bilan après un peu moins de deux ans aux commandes de la mobilité à Evere ?

C’est une compétence à laquelle je ne m’attendais pas vraiment.  Elle m’a obligé à beaucoup étudier, à appréhender une matière plutôt technique et à sortir de ma zone de confort.  Mon choix de me consacrer quasiment exclusivement à mon échevinat me permet d’y consacrer beaucoup de temps, de m’investir auprès de mon service et de faire de nombreuses visites sur le terrain.

Quelles sont les grosses difficultés en matière de mobilité ?

C’est une des grandes préoccupations des citoyens, avec la propreté et la sécurité.  Cela vaut pour Evere, pour toute la région bruxelloise et au-delà.  La mobilité, ce sont les déplacements vers le lieu de travail, les déplacements professionnels, le chemin de l’école…  Sans oublier les transports en commun ou le stationnement.  Cela touche également des dimensions auxquelles on pense moins, comme la santé et la tranquillité des riverains.  L’impact de la mobilité sur la santé des habitantes et des habitants est une donnée qui doit être prise en compte, ce que certains ont parfois tendance à oublier…

Le stationnement est une matière polémique…

Il n’y a pas que le stationnement qui est polémique.  Chaque jour, je reçois des messages de riverains qui sont à bout à cause du comportement de certains usagers, qu’il s’agisse de trottinettes abandonnées sur la voie publique ou encore de la vitesse excessive de certains automobilistes, à toute heure du jour ou de la nuit.  Certaines personnes ne respectent rien et se garent impunément à des emplacements réservés, comme des zones de « Kiss & Ride » réservées aux enfants ou encore devant l’entrée de garage d’autrui.

Mais il n’y a pas que cela.  La mobilité, ce sont aussi des conceptions différentes de l’espace public qui s’opposent et s’affrontent, parfois de manière virile, sur les réseaux sociaux ou lors de rencontres avec les citoyens.  Dans ma position, je dois être l’échevin de tous.  Mon rôle est de défendre l’intérêt commun et de recherche le consensus avec l’ensemble des citoyens.  Je n’ai pas pour vocation, ni l’envie d’ailleurs, de prendre parti pour les cyclistes contre les intérêts des automobilistes, par exemple.  Lorsque j’invite les habitants d’une même rue, le scénario est assez simple : une moitié de la salle souhaite la disparition de places de stationnement et demande de planter plus d’arbres, l’autre moitié demande l’inverse…  Mon rôle est de chercher un chemin entre ces visions qui s’opposent, ce n’est pas toujours de tout repos, mais c’est passionnant…

La presse relevait, il y a quelques mois, des difficultés rencontrées avec Parking Brussels, l’agence de stationnement.  Qu’en est-il aujourd’hui ?

Devant le nombre de plaintes et de manquements constatés, il a fallu que je tape du poing sur la table.  Ma tâche à ce niveau est double : j’incarne la voix des Everoises et des Everois et je dois défendre leurs intérêts.  Les habitants et la commune paient pour un service, ce service doit s’approcher le plus possible de l’excellence.  C’est ma vision du service public : des prestations efficaces, de la transparence, de la bonne gouvernance…  Il y a quelques mois, en plein cœur de la crise sanitaire, nous en étions loin.  Il a fallu que je monte au créneau, j’ai choisi de le faire par voie de presse après avoir interpellé l’agence à plusieurs reprises.  Cela n’a pas plu à tout le monde, mais cela a permis à l’agence de stationnement de prendre conscience de nos exigences et des difficultés auxquelles notre population est confrontée.

Aujourd’hui, nos relations sont apaisées, mais il reste du chemin à faire.  Nous renforçons notre collaboration avec Parking Brussels et nous avons mis en place un certain nombre d’outils comme un tableau de suivi des plaintes.  Il n’est pas normal qu’une demande de carte de stationnement prenne plusieurs semaines, par exemple.   Et je n’oublie pas, non plus de travailler sur le plan B : si l’agence n’est pas capable de remplir correctement sa mission, nous n’hésiterons pas à prendre la main sur la gestion du stationnement.

De nombreux internautes interviennent encore régulièrement sur les réseaux sociaux, notamment au sujet de l’arrivée de la ScanCar et du renforcement des contrôles de stationnement.  Doit-on s’attendre à de nouveaux problèmes ?

Le stationnement payant est un mode de financement qui est mal perçu par les citoyens, certains considèrent que c’est un impôt injuste.  Le principe est pourtant simple : en échange d’une rétribution, dont le montant varie selon les usagers, la collectivité cède une partie de l’espace public à des fins privées.  C’est aussi simple que cela.  L’apport financier que cela représente revient à la collectivité sous la forme de prestations diverses : entretien des voiries, propreté, prestations sociales…  Donc oui, c’est une contribution.
Mais elle n’est pas injuste pour autant et elle me semble raisonnable : pour la possession d’un véhicule familial, on parle de 10 EUR par an…

L’arrivée de la ScanCar crée des remous, car certains pensent erronément que les règles ont changé dans les zones bleues, ce qui n’est pas le cas.  Le code de la route a toujours été très clair sur ce sujet : à la fin de la période de stationnement, le véhicule doit quitter son emplacement.  Ce n’est pas sujet à discussion ni à interprétation.  Par ailleurs, cela correspond à une demande pressante de nombreux riverains, qui éprouvent des difficultés à trouver des places lorsqu’ils rentrent chez eux, par exemple après une journée de travail.  Le but de ces zones est de faire baisser la pression sur le stationnement et de lutter contre les voitures ventouses, qui restent de longues heures sur un même emplacement au détriment des habitants.  Cette mesure est donc une manière de permettre aux Everois de se réapproprier leur quartier.  Renforcer les contrôles, c’est lutter contre les incivilités !

Quelles sont les collaborations mises en place depuis votre entrée en fonction ?

Le service mobilité se réunit régulièrement et nous faisons le point sur les difficultés, et elles sont nombreuses, avec nos différents partenaires.  Notre collaboration avec la zone de police est très étroite et nous élaborons ensemble des stratégies afin de lutter efficacement contre les incivilités.  Nos principales cibles, depuis plusieurs mois, sont les stationnements inappropriés sur les emplacements PMR et les chauffards.

Le conseil consultatif de la mobilité a pour ambition de se réunir régulièrement, même si notre élan a été quelque freiné par la crise sanitaire.  Nous y discutons avec différents partenaires opérationnels et associatifs des questions relatives à la mobilité et des améliorations que nous pouvons apporter.  Ces discussions se tiennent avec la STIB, la zone de police, le GRACQ, 1140/0 ou encore l’asbl « Passe le message », active dans la défense des intérêts des PMR.  Nous avons sollicité d’autres associations et nous ne désespérons pas d’élargir les collaborations à l’avenir.  Nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout, mais chacun essaie d’être constructif et participe à la recherche de solutions.  Nos principales frustrations viennent en général du manque de moyens et très rarement de nos divergences de vue…

La commune s’est également engagée dans un processus d’accompagnement piloté par Pro Velo, le BYPAD.  Il s’agit d’un audit visant à améliorer la politique cycliste de la commune et d’accompagner son implémentation.

Il n’y en a donc que pour le vélo ?

Certainement pas.  Ma politique a toujours été très claire : l’espace public est à tout le monde, chacun doit y trouver sa place, quel que soit son mode de déplacement.  Et c’est d’autant plus vrai que de plus en plus de citoyens optent pour des formes multiples de déplacement. 

Maintenant, il faut également reconnaître que la politique des 50 dernières années a largement favorisé la circulation automobile.  L’espace public et singulièrement les voiries sont surtout pensées et conçues pour les automobilistes, et pas seulement au détriment des cyclistes comme certains essaient de le faire croire, mais plutôt au détriment des piétons et surtout des riverains.  Les premiers à souffrir des gaz d’échappement, de la congestion automobile et de l’appropriation de l’espace public ce sont les riverains d’un quartier, les habitants, les écoles, les commerces.  Ce n’est certainement pas ceux qui ne font que passer, que ce soit en voiture ou à vélo, qui se soucient de la santé ou de la tranquillité des habitants d’un quartier.

Dans ma fonction, il m’appartient donc de chercher des équilibres.  Il n’est pas question de donner raison aux uns ou aux autres, il faut se mettre autour de la table, se respecter, apprendre à vivre et à circuler ensemble.  Une opposition permanente entre automobilistes et cyclistes est contre-productive évidemment.  Se focaliser sur ce bras de fer nous détourne de l’intérêt collectif et, de fait, on oublie d’autres usagers : les piétons, les PMR, les transports publics ou encore les motards !

D’autres projets en gestation ?

Les projets sont nombreux et l’engagement du Collège et de la majorité est sans faille, mais ce sont les moyens qui manquent. La décision d’instaurer une trentaine de rues cyclables a été pris lors du lockdown, nous ne sommes toujours pas en mesure de la mettre en oeuvre car les panneaux promis par la Région n’ont toujours pas été livrés.

La gestion des chantiers laisse parfois à désirer du côté de Bruxelles Mobilité ou des impétrants, la commune est parfois mise devant le fait accompli et ne reçoit certaines informations que le jour du début des travaux. Ce sont des points qu’il faut absolument régler !

La commune est très impliquée dans le développement du projet Ville 30 et s’inscrit aux côtés de la Région pour une ville apaisée. Mais qui dit zone 30 dit également que les voiries doivent être dotées de mobilier urbain adéquat et adapté. Sans oublier que la vitesse doit pouvoir être supérieure sur des voiries spécifiques.

Evere vient de se doter d’une première « rue scolaire ».  Pouvez-vous expliquer en quoi cela consiste ?

La « rue scolaire » est un concept développé et soutenu par la région bruxelloise.  Il consiste à fermer une portion de rue aux abords directs d’une école, en vue d’y faciliter la circulation des piétons et spécialement des enfants.  C’est une mesure d’apaisement du quartier dont l’objectif est de renforcer la sécurité.  Trop souvent, on doit constater des vitesses trop élevées mettant en danger la vie des enfants ou encore des stationnements en double (ou triple…) file qui perturbent la circulation aux abords des écoles.  Ce n’est évidemment pas acceptable. Devant de telles incivilités, il faut prendre des mesures fortes mais le concept repose sur la participation et l’adhésion des personnes concernées : la commune et la zone de police bien-sûr, mais surtout le corps enseignant, les parents et les enfants…

La première école communale à se lancer dans cette aventure est l’école « La Source », dans le bas d’Evere.  C’est un projet enthousiasmant, qui fait l’objet d’un accompagnement pédagogique et d’une implication des enfants.  Bien entendu, ce projet fera l’objet d’une évaluation, mais on peut dire que les choses ont bien commencé.

L’autre actualité du moment, c’est le « Dimanche sans voiture », qui ponctue la « Semaine de la Mobilité ».  Comment les choses seront-elles organisées cette année ?

Depuis plusieurs années déjà, nous profitons du « Dimanche sans voiture » pour organiser un village associatif sous la dénomination de « Evere Village ».  C’est devenu un événement local incontournable.  Au vu de la crise sanitaire, nous n’avions pas de nombreuses options.  Soit, nous décidions d’annuler l’événement, soit nous organisions les choses de manière très stricte, avec un village fermé, une circulation contraignante et des activités très cadrée.  Aucune de ces solutions ne me convenait.  A ce sujet, je trouve dommage qu’une commune comme Watermael-Boitsfort ait renoncé à toute forme d’activité ce jour-là, c’est vraiment dommage, à la fois pour les habitants et pour la promotion d’une mobilité douce, partagée et apaisée.  Il n’était pas question pour moi de renoncer à ces précieux moments de convivialité, de partage et de sensibilisation, spécialement dans une période comme celle que nous vivons.

Avec le service, nous avons donc travaillé sur une formule inédite.  Les habitués d’Evere Village pourront retrouver nos partenaires, répartis sur le territoire de la commune, à différents endroits.  Pour déterminer la localisation des stands, nous profitons des cubes placés il y a peu dans le cadre des 900 ans de la commune.  Les promeneurs pourront ainsi visiter le stand de Beliris, à l’espace Toots, et obtenir une foule d’informations relatives au Métro Nord ou encore déguster une délicieuse bière de la brasserie locale Arever, au Moulin, pour ne prendre que ces deux exemples.  Les personnes intéressées trouveront le programme complet sur le site de la commune.

L’équipe de communication

Dans la même rubrique
DéFI demande une phase test complémentaire et de nouveaux critères d’évaluation transparents
Bois de la Cambre DéFI demande une phase test complémentaire et de nouveaux critères d’évaluation transparents
« Ne sous-estimez pas la colère et la souffrance qui irriguent ce pays aujourd’hui »
déclaration gouvernementale "Ne sous-estimez pas la colère et la souffrance qui irriguent ce pays aujourd’hui"
Opération récolte de croquettes
bien-être animal Opération récolte de croquettes
Les policiers formés à lutter contre le harcèlement de rue
Bruxelles-Nord Les policiers formés à lutter contre le harcèlement de rue
« Bruxelles est incontournable ! »
Interview de rentrée "Bruxelles est incontournable !"
Avec Antoinette Spaak, DéFI et la Belgique perdent une grande dame de la politique
disparition Avec Antoinette Spaak, DéFI et la Belgique perdent une grande dame de la politique